Sport sur Ordonnance : un projet au service du sport santé

Les 6 et 7 avril derniers se tenait l’édition nationale du Projet Sport sur Ordonnance organisé par l’Association Nationale des Étudiants en STAPS (ANESTAPS) en collaboration avec le Bureau des Sports de Marseille et l’Association Mars’APAS. Cette journée avait pour objectif de clarifier les enjeux de la prescription d’activité physique et sportive mais aussi de sensibiliser au sport-santé et à la prescription d’activité physique.

physique.

« Le sport sur ordonnance : Quelle place pour l’activité physique dans le parcours de soin ? »

Le premier colloque de l’événement a pris place le 6 avril sur le campus de la Timone. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’inactivité physique est la 1ère cause de mortalité évitable dans le monde devant le tabagisme. Ainsi, l’objectif de ce colloque était de mettre en avant les bienfaits de l’activité physique et sportive mais aussi de réaffirmer sa place au sein du parcours de soin.

Alexandre Feltz : « Ce médicament de l’activité physique devrait être prescrit dans toutes les affections de longue durée et maladies chroniques. C’est un médicament puissant qui agit sur un grand nombre de pathologies, et qui n’est pas systématiquement prescrit aujourd’hui. »

À travers ce temps d’échanges, il était essentiel de rappeler l’importance du rôle de l’enseignant en activité physique adaptée (EAPA). Suite au décret de 2016,  la prescription d’activité physique est possible pour les personnes atteintes d’affections longue durée, néanmoins la reconnaissance des EAPA et l’articulation entre les acteurs de la santé et du sport est loin d’être optimale

Tanguy Marqueste : « Les enseignants en APA doivent pouvoir évaluer afin de mettre en place une activité physique adaptée au pratiquant et qu’il puisse être informé des bénéfices. »

Yann Ribes : « Il est essentiel de rassembler tous les corps de métiers pour améliorer la prise en charge des patients. »

« Le sport sur ordonnance : Vers une réelle démocratisation de la prescription d’activité physique. »

Le deuxième colloque a eu lieu le 7 avril sur le campus de Luminy et s’est articulé autour de questions politiques concernant la prescription d’activité physique

Aujourd’hui, il devient fondamental de sensibiliser tous les médecins, notamment les médecins généralistes, à la prescription d’activités physiques adaptées. C’est un travail sur les pratiques, recommandations, échanges et retours d’expériences qui doit être fait en pluridisciplinarité.

Alexandre Feltz : « La sensibilisation, la formation des futurs professionnels et la formation continue des médecins sont essentielles. »

La question du financement de la santé fait l’objet de débats publics, dûs à un manque d’informations des différents dispositifs existants. 

Virginie Femery :  « Aujourd’hui vous avez des financements qui sont de deux ordres, d’une part par des montants forfaitaires. Un des freins est le manque de connaissance de ces forfaits, ils sont totalement sous-utilisés. »

Au-delà de ce manque de visibilité, l’activité physique sur prescription n’est aujourd’hui toujours pas prise en charge par la sécurité sociale

Jacques Bigot : « Nous avons pu déjà faire un bond en avant, reste toujours le mode de financement qui n’est pas optimal. »

Régis Juanico : « Le remboursement de l’activité physique est un investissement qui permettrait des économies considérables sur le long terme. Nous souhaitons que la première consultation soit remboursée par la sécurité sociale, et je pense qu’elle est prête à l’accepter. »

Néanmoins, la problématique du financement n’est pas la seule à impacter le bon déploiement de l’activité physique sur prescription. En effet, un réel problème de gouvernance subsiste, dû à un portage réalisé à la fois par le Ministère chargé des Sports et le Ministère des Solidarités et de la Santé.  Ceci engendre des problématiques d’articulation dues au trop grand nombre d’acteurs traitant du sujet avec différents fonctionnements, entraînant alors une dispersion des budgets alloués à cette thématique.

Clément Perrier : « Une plus grande cohésion interministérielle est nécessaire sur cette thématique. »

S’ajoute à cela, le retard du gouvernement face à cette thématique. En effet, les initiatives territoriales ont été beaucoup plus précoces que la prise en charge par l’Etat. Le cadrage tardif de l’Etat a parfois l’effet inverse, venant freiner le développement des initiatives territoriales. 

Aurélien Pichon : ​​ »La tentative de cadrage tardive du gouvernement va davantage freiner les dispositifs existants au lieu d’aller vers une homogénéisation de ceux-ci. »

Régis Juanico : « Les initiatives imposées localement peuvent être démocratisées au niveau national dans la loi, c’est pourquoi il faut continuer à en être acteur. »

Au niveau du prisme étudiant, il y a une volonté de voir les futurs professionnels du monde de l’activité physique adaptée représentés notamment au sein de la Stratégie Nationale Sport Santé

Timothée Brun : « Il y a la nécessité de créer des synergies entre les Service Universitaires des Activités Physiques et Sportives (SUAPS) et les Services de Santé Universitaire (SSU). Nous souhaitons que les médecins soient réellement formés et que les SUAPS puissent recruter des enseignants en APA. »

La démocratisation du sport sur ordonnance est essentielle, autant par le biais de la formation, sur le plan financier, que via le dialogue entre l’ensemble des acteurs impliqués dans le dispositif. L’ANESTAPS continuera à œuvrer en ce sens !

Le projet Sport sur Ordonnance s’est clôturé par un village de sensibilisation et d’initiation au sport-santé et sport sur ordonnance. Une occasion de promouvoir la prévention en santé par l’activité physique et sportive tout en mettant en lumière les initiatives locales et/ou nationales dans ce domaine.