Le vendredi 4 mars 2022, lors de son 46ème Congrès National, l’ANESTAPS a donné l’occasion aux candidats à l’élection présidentielle de présenter leurs propositions pour le sport aux 400 jeunes présents ainsi qu’au grand public via la retransmission sur BeSport.

Ce Grand Oral, facilitateur du dialogue entre les jeunes futurs professionnels du secteur sportif et les représentants politiques, a réuni Amélie Oudéa-Castera, représentante du président sortant Emmanuel Macron ; Régis Juanico, représentant du candidat Yannick Jadot ; Pierre Rabadan, représentant de la candidate Anne Hidalgo ; Bally Bagayoko, représentant sport du candidat Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Bonnet Oulaldj, représentant sport du candidat Fabien Roussel

Ce fut également l’occasion pour l’ANESTAPS  de confronter ses principales positions recensées au sein de son Livre Blanc aux positions des candidats. En parallèle, les jeunes présents ont eu l’occasion de poser leurs questions aux représentants, faisant de ce Grand Oral un réel temps de concertation de la jeunesse sur cette question du sport. Une question directrice fut posée aux représentants : 

Quelles sont vos propositions pour le sport et la jeunesse ? 

Une jeunesse force de propositions dans la construction du sport de demain

Timothée Brun, Président de l’ANESTAPS, a ouvert ce grand oral en rappelant l’importance de la concertation de la jeunesse au sein du débat public.

« L’élection présidentielle 2022 représente pour notre jeunesse, 

trop oubliée, un espoir. » 

Il en a également profité pour revenir sur le Livre Blanc, Relever les défis d’une jeunesse engagée pour une nation sportive, qui recense l’ensemble des propositions de l’ANESTAPS articulées autour de trois grands axes : l’enseignement supérieur et la recherche, le développement du sport et les politiques de jeunesse.

L’ANESTAPS a souhaité attirer l’attention des candidats sur cinq propositions phares, essentielles pour répondre aux enjeux du sport de demain :

  • La mise en place d’un plan de financement pluriannuel pour la filière STAPS afin d’assurer de bonnes conditions d’étude à l’ensemble des étudiants en STAPS.
  • L’amélioration de l’articulation des formations dans le champ du sport afin d’assurer une meilleure lisibilité et accessibilité à celles-ci pour l’ensemble des jeunes souhaitant s’y orienter. 
  • L’augmentation du nombre de postes au CAPEPS et l’amélioration de la formation des professeurs des écoles en matière d’éducation physique et sportive.
  • L’intégration de l’ANESTAPS au sein du conseil d’administration de l’Agence Nationale du Sport, en tant que seule organisation représentative des jeunes engagés dans le champ du sport.
  • La prise en charge de l’activité physique sur prescription par la sécurité sociale et la reconnaissance des enseignants en APA en tant que professionnels de santé.

Timothée Brun a conclu ce temps fort en rappelant que le sport et la jeunesse doivent être des sujets centraux à l’approche de l’élection présidentielle :  « C’est seulement en ramenant les jeunes aux urnes qu’on arrivera à mettre la jeunesse au cœur des politiques publiques. »

Amélie Oudéa-Castera, représentante sport d’Emmanuel Macron

Pour débuter ce grand oral, Amélie Oudéa-Castéra a pris la parole en revenant sur le quinquennat d’Emmanuel Macron et son investissement pour le sport. En effet, la création de l’Agence Nationale du sport a fortement marqué ces cinq dernières années, puisqu’elle a apporté une dimension participative à la gouvernance et  une reconnaissance de l’autonomie du sport français.

Par ailleurs, comme cela fut déjà le cas dans le programme d’Emmanuel Macron en 2017, Amélie Oudéa-Castera a affirmé la volonté d’une meilleure articulation entre les formations du champ du sport et de l’animation, cette dernière impliquant nécessairement une meilleure coordination entre les organismes certificateurs, notamment le ministère chargé des sports et le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation.

Enfin, la représentante revient sur l’importance du développement des équipements de proximité dans le développement de la pratique

« Il faut poursuivre l’effort en faveur des équipements sportifs de proximité, et y intégrer nécessairement la dimension du développement durable. »

Amélia Oudéa-Castera

Régis Juanico, représentant sport de Yannick Jadot

Régis Juanico, représentant pour l’équipe de Yannick Jadot, a également pris part à ce Grand Oral en commençant par évoquer l’importance d’une meilleure lisibilité des formations dans le champ du sport et de l’animation.

« Il faut qu’entre le Ministère chargé des sports et le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, on se mette autour de la table afin de reconnaître les compétences de chacun. »

Régis Juanico

Par la suite, M. Juanico revient sur la formation STAPS et insiste sur le rôle des étudiants STAPS dans le relancement de la vie universitaire grandement impactée par les deux années de crise sanitaire. Il rappelle l’importance de la pratique pour la bonne santé mentale et physique des étudiants. « Les étudiants en STAPS sont une force de frappe considérable en matière de solidarité au sein de nos universités. » En ce sens, il propose la démocratisation des campus actifs promoteurs de la santé avec un aménagement de mobiliers urbains afin de promouvoir l’activité physique et sportive auprès de la population estudiantine.

Par ailleurs, il annonce également sa volonté d’une mise en place du concours du CAPEPS en troisième année de licence, et non en deuxième année master tel qu’actuellement, dans l’objectif de rendre le master MEEF plus professionnalisant.

Enfin, le représentant d’EELV rappelle que l’écologie reste au cœur du programme de Yannick Jadot, y compris dans les propositions sports du candidat. Il souhaite ainsi la mise en place de cahier des charges ou d’un label d’éco-responsabilité pour les grands évènements sportifs afin que ceux-ci aient un impact moins négatif sur l’environnement.

Pierre Rabadan, représentant sport d’Anne Hidalgo

Pierre Rabadan, présent pour la candidate socialiste Anne Hidalgo, est revenu sur le manque de considération du sport de manière générale, malgré les chiffres alarmants de santé publique : « Lorsque l’on parle du sport, il y a un manque de considération, on y accorde pas l’importance qu’il mérite. »

Il a insisté sur l’accessibilité à la pratique physique et sportive tout au long de notre vie, et ce dès le plus jeune âge. Pour cela, il évoque l’importance de déployer plus de moyens dans les écoles, lycées et universités pour pratiquer davantage. Il souhaite ainsi augmenter le nombre d’heures d’activités physiques hebdomadaires dans toutes les années de formation. 

« Il faut aller au-delà des 30 minutes d’activités par jour. Les étudiants STAPS pourraient participer à la mise en place de ces systèmes ».

Pierre Rabadan

Il a également annoncé la volonté d’aller au-delà du Programme des 5000 équipements sportifs de proximité. Il revient sur l’importance de mettre en place des infrastructures sportives en accès libre, malgré le réel investissement que cela représente, il souhaite que l’Etat prenne sa part dans la mise à niveau de l’ensemble des infrastructures sportives. « Si l’on veut faire de la France une société plus sportive, il faut remettre plus d’activités physiques et sportives dans le quotidien des Français. »

Bally Bagayoko, représentant sport de Jean-Luc Mélenchon

Bally Bagayoko, présent pour représenter Jean-Luc Mélenchon, a débuté son propos en rappelant le rôle social du sport, en écho avec les récentes actualités : « Nous sommes pour un sport émancipateur, et nous souhaitons faire du sport un outil de paix ». 

Il évoque l’importance de remettre l’humain au centre des institutions sportives avec notamment la suppression de l’Agence Nationale du Sport et en redonnant les clés à un Ministère des sports de plein exercice. Il s’est accordé sur l’importance de la place des jeunes au sein de cette nouvelle gouvernance du sport.

« Il faut que vous, en tant que jeunes, soyez acteurs des concertations et que vous preniez part aux consultations ».

Bally Bagayoko

Dans la perspective où Jean-Luc Mélenchon serait élu Président de la République, il souhaite en premier lieu généraliser la pratique sportive en agissant pour sa gratuité à destination les populations modestes, mais également débloquer des moyens pour que l’activité physique devienne véritablement partie intégrante de la culture de chacun, notamment par l’augmentation du nombre d’heures d’EPS hebdomadaires, nécessairement conjuguée à une augmentation du nombre de professeurs d’EPS. Pour cela, il annonce qu’1% du PIB sera attribué au sport. « Pour nous, l’accès à la pratique sportive ne doit pas être un frein, nous mettons en place des financements afin que tout le monde puisse pratiquer ».

Nicolas Bonnet Oulaldj, représentant sport de Fabien Roussel

Nicolas Bonnet Oulaldj, représentant du candidat communiste Fabien Roussel,  clôture ce Grand Oral en rappelant que la question du sport est étroitement liée au fonctionnement de notre société.  

« On conçoit le sport comme un enjeu culturel majeur d’émancipation humaine. Le sport ne peut pas se réduire qu’à la santé, il y a des enjeux éducatifs. »

Nicolas Bonnet Oulaldj

Si Fabien Roussel est élu Président, celui-ci souhaite une augmenter le nombre d’heures d’EPS à 4 heures hebdomadaires, et ce de l’école à l’université. En effet, le représentant souhaite permettre à tout le monde d’avoir une culture sportive qui passe nécessairement par le système éducatif.

Enfin, il a affirmé la volonté de bannir la sélection à l’université.  « Nous voulons revenir à une université de collaboration. Il faut stopper la privatisation de l’enseignement supérieur et de la recherche ».

Vers une activité physique sur prescription remboursée par la sécurité sociale ?

La thématique du sport-santé et plus précisément du sport sur ordonnance est revenue comme un fil conducteur au sein des interventions de l’ensemble des représentants présents. Un certain consensus apparaît autour de cette thématique.

Comme abordé précédemment, l’ANESTAPS prône la prise en charge de l’activité physique sur prescription par la sécurité ainsi que la reconnaissance des enseignants en APA au sein du code de la santé publique. 

En ce sens, Amélie Oudéa-Castéra est revenue la première sur l’importance du sport comme vecteur de santé. « Il faut que l’on reconnaisse pleinement dans notre pays le sport comme étant un remède aux maux. »

Elle est notamment revenue sur l’importance d’une collaboration entre les acteurs du monde du sport et de la santé. « Il faut une mise en réseau et une mobilisation de chacun de chacun des acteurs dans ce qu’ils ont de plus forts », soutient-elle. L’ANESTAPS demande davantage d’interprofessionnalité entre les professionnels du sport santé, mais également une amélioration de la formation des futurs professionnels, dans l’objectif d’aller vers un meilleur déploiement du dispositif Sport sur Ordonnance.

Le représentant de Yannick Jadot rappelle quant à lui que le remboursement de l’activité physique adaptée sur prescription est l’une des mesures importantes du candidat. Pierre Rabadan confirme également que le sport a une place centrale dans les politiques de santé publique. Le représentant de Jean-Luc Mélenchon affirme que le candidat mettra également en place le remboursement du sport sur ordonnance en rappelant que l’activité physique et sportive a un rôle essentiel à jouer pour un meilleur vieillissement de la population. Enfin, Nicolas Bonnet Oulaldj rejoint à son tour les précédents représentants sur la question du remboursement qui pour lui est essentiel afin d’avoir une population en bonne santé.

L’ANESTAPS et l’ensemble des jeunes engagés pour l’avenir du sport ont entendu les différentes promesses des candidats et en prennent acte

Rendez-vous ce dimanche 10 avril dans vos bureaux de vote, pour mettre la jeunesse et le sport au cœur du prochain quinquennat !

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