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Quand le service public n’est pas là, le privé danse !

La filière STAPS est une filière qui attire de plus en plus de néo-bacheliers. Avec des débouchés très diversifiés ainsi qu’un taux d’insertion professionnelle plus que correct [1], il n’est pas anodin de voir arriver en nombre les lycéens vers notre formation universitaire. Les grands événements sportifs internationaux accueillis cette année en France ainsi que l’Année du sport de l’école à l’Université décrétée par la Ministre, mais encore les débats autour du sport sur ordonnance rendent les diplômés STAPS comme des professionnels incontournables face aux nouveaux besoins de demain.

Cependant, malgré ces indicateurs très favorables, l’Unité de Formation et de Recherche (UFR) de Versailles est sur sa dernière année d’existence. Conséquence d’une fermeture programmée, faute de moyens afin d’assurer un encadrement suffisant.

En effet, l’Université de Versailles a décidé de se séparer d’un de ses départements afin de retrouver une stabilité financière correcte. L’ANESTAPS, ne peut que regretter cette fermeture programmée qui touche directement les lycéens issus des Yvelines.

Il n’a pas fallu longtemps pour que les vautours s’attaquent à notre service public en souffrance pourtant garant de l’accès à une formation pour tous d’une qualité indéniable.

Un nouvel UFR (privé) vient d’ouvrir à l’Université Catholique de l’Ouest, permettant ainsi d’accueillir des jeunes souhaitant devenir les futurs professionnels du sport de demain. Dommage qu’il faille payer 3.900€ par an, soit 11 700€ pour obtenir une Licence !

Les étudiants considérant à juste titre que l’accès aux études supérieur est un droit  pourront partir étudier à l’autre bout du territoire dans une des rares UFR STAPS dont la capacité d’accueil n’est pas à son seuil maximal. Cependant cette mobilité entraîne des frais supplémentaires conséquents. Des annonces concernant des mesures d’accompagnement à la mobilité des étudiants dans le cadre des vœux groupés sont toujours en attente.

Autre aberration, les jeunes n’ayant pas les moyens financiers et qui ne seront pas pris à l’université se retrouveront contraints de payer une formation professionnelle du Ministère des Sports (BPJEPS) s’ils souhaitent s’engager dans un système de formation sport. Combien de jeunes notre service public éducatif va-t-il laisser sur le carreau cette année ?

Le droit universel à la formation inclus dans le projet de loi Travail doit se traduire par un investissement conséquent dans les formations universitaires afin de garantir un égal accès à la formation pour tous.

[1] Enquête Génération 2010 – Céreq.

[2] Les métiers en 2022 – France Stratégie.